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Est-il jamais permis de mentir?

23.03.2018

 

Est-il jamais permis de mentir dans les situations exceptionnelles de vie ou de mort ? Les chrétiens donnent deux réponses, certains affirment qu’il est possible de mentir si cela permet de protéger la vie de personnes en danger, d’autres répondent qu’il n’est jamais permis de mentir car cela est un péché. Que dit la Bible ?

 

Nous allons voir que la Bible répond sans controverse qu'il n’est jamais permis de mentir, mais avant considérons les arguments de ceux qui répondent par l'affirmative, et les objections dont ils font questions.

 

 

I. EST-IL JAMAIS PERMIS DE MENTIR? OUI: LES ARGUMENTS ET OBJECTIONS

 

ARGUMENT 1: Les sages-femmes du Pharaon ont mentis pour protéger les bébés garçons et Dieu les a approuvé

 

En Exode 1:6-20, les israélites captifs en Égypte deviennent très nombreux sous la bénédiction de Dieu, et Pharaon se met à vouloir limiter leur croissance. Les sages-femmes de Pharaon reçoivent alors l’ordre de tuer tous les bébés garçons Hébreux dès leur naissance, mais elles désobéirent à Pharaon qui vint à l’apprendre.

 

« Le roi d'Égypte appela les sages-femmes, et leur dit : Pourquoi avez-vous agi ainsi, et avez-vous laissé vivre les enfants ? Les sages-femmes répondirent à Pharaon : C'est que les femmes des Hébreux ne sont pas comme les Égyptiennes ; elles sont vigoureuses et elles accouchent avant l'arrivée de la sage-femme. Dieu fit du bien aux sages-femmes ; et le peuple multiplia et devint très nombreux. Parce que les sages-femmes avaient eu la crainte de Dieu, Dieu fit prospérer leurs maisons » (Exode 1:18-21).

 

Les chrétiens qui supportent la position selon laquelle il est possible de mentir pour protéger la vie affirment que les sages-femmes ont mentis dans ce texte (v.19) et que Dieu approuva leur action en les bénissant.

 

OBJECTIONS

 

(1) Il ne peut pas être démontré au-delà d’un doute raisonnable que les sages-femmes ont menti. Mentir est dire quelque chose de faux en connaissance de cause; or, pouvons-nous être absolument sure que leur réponse était vraiment fausse : « C'est que les femmes des Hébreux ne sont pas comme les Égyptiennes ; elles sont vigoureuses et elles accouchent avant l'arrivée de la sage-femme » (v. 19) ?

 

Comment pourrions-nous réconcilier leur déclaration au verset 19 avec la réalité ? Le fait que Dieu ait béni Israël en grand nombre expliquait peut-être une force inhabituelle dans l'accouchement. Les sages-femmes auraient aussi pu prendre leur temps avant d'arrivée dans une maison juive afin de permettre aux mamans de cacher les bébés garçons.

 

(2) Si l’on suppose qu'elles aient mentis, notons toutefois que rien dans le texte n’approuve leur mensonge. Pourquoi sont-elles bénies selon ce texte ? L’approbation divine est seulement reliée au fait qu'elles craignaient Dieu, ce qui est répété aux versets 17 et 21 avec un mot de causalité : "Parce que les sages-femmes avaient eu la crainte de Dieu, Dieu fit prospérer leurs maisons". De même, dans la Bible, beaucoup de personnes ont péchés en faisant d'autres bonnes choses et cela ne signifie pas que Dieu approuva tout ce qu'ils ont fait. Par exemple, Dieu a béni le règne du roi David bien qu’Il détesta son acte d’adultère.

 

(3) Le résultat fut terrible. Fait intéressant, si nous jugeons la validité du mensonge par ses effets (ce qui est la philosophie païenne du pragmatisme), tout comme dans le cas de David avec Abimélech (1 Samuel 21 et 22) où un mensonge conduisit à la mort de tous les sacrificateurs de l'Éternel, les avantages à court terme du mensonge présumé des sages-femmes furent minimes par rapport à la mort de tous les bébés peu de temps après: "Alors Pharaon donna cet ordre à tout son peuple : Vous jetterez dans le fleuve tout garçon qui naîtra, et vous laisserez vivre toutes les filles" (Exode 1:22, ce qui commence l'histoire de Moïse).

 

ARGUMENT 2: Rahab a menti pour protéger les espions Hébreux et Dieu l'a approuvé

 

L’histoire de Rahab est bien connue en Josué 2:1-21. Elle protégea les espions d’Israël en mentant (sans aucun doute, voir Josué 2:4-6,16,21), les fit ensuite s’échapper dans une direction opposée aux soldats de Jéricho alors à leur poursuite.

 

De plus, le Nouveau Testament approuve les actions de Rahab à deux reprises : "C'est par la foi que Rahab la prostituée ne périt pas avec les rebelles, parce qu'elle avait reçu les espions avec bienveillance" (Hébreux 11:31), "Rahab la prostituée ne fut-elle pas également justifiée par les oeuvres, lorsqu'elle reçut les messagers et qu'elle les fit partir par un autre chemin ?" (Jacques 2:25).

 

OBJECTIONS

 

(1) Ni les textes de l'Ancien Testament ni ceux du Nouveau Testament n'approuvent explicitement le mensonge de Rahab. Josué chapitre deux est un récit historique qui ne recommande pas ce mensonge.

 

(2) Hébreux 11:31 et Jacques 2:25 approuvent seulement le fait que Rahab a accueilli et protégé les Hébreux.

 

(3) Le point de Hébreux 11:31 est de recommander "la foi que Rahab la prostituée", et non pas toutes ses actions telles que mentir ou se prostituer (dont le texte ne dit rien de la nature morale ; d'autres textes interprètent ces actions pour nous).

 

 

Les arguments ci-dessus sont les seules raisons bibliques qui sont utilisées pour justifier la possibilité de mentir dans des circonstances exceptionnelles, mais comme ces objections l’ont souligné, ces textes n’approuvent pas explicitement le mensonge dans ces situations. Il s’agit donc d’arguments basés sur le silence et l’implicite.

 

Voyons donc les arguments qui défendent l’impossibilité de mentir dans toute situations. En effet, « le premier qui parle dans sa cause paraît juste ; vient sa partie adverse, et on l'examine » (Proverbes 18:17) pour peser ensuite bibliquement le pour et le contre.

 

 

II. EST-IL JAMAIS PERMIS DE MENTIR? NON: LES ARGUMENTS

 

ARGUMENT 1: La Bible condamne et interdit toujours le mensonge, sans aucune exception

 

Tous les enseignements bibliques explicites et les commandements (des dizaines de versets) condamnent le mensonge et approuvent la vérité. Voici quelques exemples d'interdictions directes et exhaustive de tout mensonge:

 

"Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés du vieil homme et de ses œuvres, et ayant revêtu l'homme nouveau, qui se renouvelle, dans la connaissance, selon l'image de celui qui l'a créé" (Colossiens 3: 9-10).

 

"C'est pourquoi, renoncez au mensonge, et que chacun de vous parle selon la vérité à son prochain ; car nous sommes membres les uns des autres" (Éphésiens 4:25).

 

"Ne témoigne pas à la légère contre ton prochain; voudrais-tu tromper par tes lèvres?" (Proverbes 24:28).

 

"Vous ne volerez pas, et vous ne vous tromperez pas l'un l'autre, et vous ne vous mentirez pas l'un à l'autre" (Lévitique 19:11, version Darby).

 

"Un témoin fidèle ne ment pas, mais un faux témoin dit des mensonges" (Proverbes 14:5). Notons que ces deux derniers versets réfutent l'objection : "Je mens, mais je ne suis pas un faux témoin donc je ne désobéi pas au neuvième commandement en Exode 20:16". En effet, Lévitique 19:11 et Proverbes 14:5 relie inextricablement être un faux témoin et mentir.

 

"Préserve ta langue du mal, et tes lèvres des paroles trompeuses" (Psaume 34:13).

 

Pourquoi pourrions-nous jamais mentir et plaire à Dieu alors que tous les commandements et directives de la Parole l’interdise sans exceptions ?

 

 

ARGUMENT 2: Nous devons être parfait comme notre Père céleste est parfait (Matthieu 5:48, est la vérité et ne ment jamais

 

"Je remets mon esprit entre tes mains ; Tu me délivreras, Éternel, Dieu de vérité !" (Psaume 31:5, voir Jérémie 10:10).

 

[60 des plus beaux versets bibliques sur la vérité]

 

 "Que Dieu, au contraire, soit reconnu pour vrai, et tout homme pour menteur" (Romains 3:4).

 

"dans l’espérance de la vie éternelle que Dieu, qui ne peut mentir, a promise avant les temps des siècles..." (Tite 1:2, version Darby).

 

"afin que, par deux choses immuables, dans lesquelles il est impossible que Dieu mente, nous trouvions un puissant encouragement, nous dont le seul refuge a été de saisir l'espérance qui nous était proposée" (Hébreux 6:18).

 

"Dieu n'est point un homme pour mentir, ni fils d'un homme pour se repentir. Ce qu'il a dit, ne le fera-t-il pas? Ce qu'il a déclaré, ne l'exécutera-t il pas?" (Nombres 23:19).

 

Comment pourrions-nous imiter Dieu en mentant consciemment, à l’opposé de son parfait exemple ?

 

 

ARGUMENT 3: Nous devons être comme le Christ (Philippiens 3:10 ; Romains 8:29) qui est la vérité et en qui il n'y a pas de tromperie

 

"Jésus lui dit: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi" (Jean 14:6).

 

"Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père" (Jean 1:14).

 

"On a mis son sépulcre parmi les méchants, son tombeau avec le riche, quoiqu'il n'eût point commis de violence et qu'il n'y eût point de fraude dans sa bouche" (Ésaïe 53:9). Le fait que Jésus n’ai jamais menti est aussi une implication de Jean 8:44,46 et 55.

 

Comment pouvons-nous poursuivre avec excellence la ressemblance à Christ en agissant consciemment à l’opposé de son parfait exemple ?

 

 

ARGUMENT 4: Le mensonge ne peut jamais être acceptable parce que c'est un péché abominable contre Dieu et Son Esprit de Vérité

 

"Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir" (Jean 16:13).

 

"Pierre lui dit : Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton coeur, au point que tu mentes au Saint Esprit, et que tu aies retenu une partie du prix du champ ? S'il n'eût pas été vendu, ne te restait-il pas ? Et, après qu'il a été vendu, le prix n'était-il pas à ta disposition ? Comment as-tu pu mettre en ton cœur un pareil dessein ? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu" (Actes 5:3-4).

 

[20 versets bibliques: le Saint Esprit est Dieu]

 

Mentir aux hommes est donc pécher contre Dieu lui-même (voir aussi Psaume 51:4), et son Esprit de vérité.

 

"L'Éternel hait ces six choses, et il y en a sept qui sont en abomination à son âme : les yeux hautains, la langue fausse, et les mains qui versent le sang innocent, cœur qui machine des projets d'iniquité, les pieds qui se hâtent de courir au mal, le faux témoin qui profère des mensonges, et celui qui sème des querelles entre des frères" (Proverbes 6:16-19).

 

"Les lèvres menteuses sont en abomination à l'Éternel, mais ceux qui pratiquent la fidélité lui sont agréables" (Proverbes 12:22, version Darby).

 

La Bible catégorise certains péchés particulièrement détestables devant Dieu comme des abominations, tow ebah en hébreu. Parmi les abominations aux yeux de Dieu, il est intéressant de noter que le meurtre n’en fait pas partie, il y a plutôt l’orgueil (Proverbes 16:5), la tromperie (Proverbes 20:10), et l’homosexualité (Lévitique 18:22). Le mensonge donc dans une catégorie de péché extrêmement détestable devant Dieu.

 

Comment donc un péché contre Dieu même, qui plus est une abomination, pourrait-il jamais être acceptable par Dieu, même dans de rares cas?

 

 

ARGUMENT 5: Le mensonge ne peut jamais être acceptable parce qu'il vient du Diable

 

"Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez écouter ma parole. Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds ; car il est menteur et le père du mensonge" (Jean 8:43-44).

 

"Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu'on y ajoute vient du malin" (Matthieu 5:37). Ce verset commande aussi de parler en vérité.

 

"Mais si vous avez dans votre cœur un zèle amer et un esprit de dispute, ne vous glorifiez pas et ne mentez pas contre la vérité. Cette sagesse n'est point celle qui vient d'en haut ; mais elle est terrestre, charnelle, diabolique" (Jacques 3:14-15). C'est donc une fausse sagesse de mentir pour un plus grand bien.

 

Comment mentir contre la vérité, ce qui est agir comme le Diable, peut-il jamais être permissible pour un enfant de Dieu ?

 

 

ARGUMENT 6: La Bible condamne explicitement mentir pour sauver une vie

 

Bien qu’il n’y ait aucune mention explicite dans la Bible pour soutenir leur position, des chrétiens soutiennent qu’il est permis (ou même obligatoire) de mentir lorsqu’une vie est en jeu. Au contraire, un événement bien connu de la Bible nous enseigne que cela n’est jamais le cas :

 

"Pendant que Pierre était en bas dans la cour, il vint une des servantes du souverain sacrificateur. Voyant Pierre qui se chauffait, elle le regarda, et lui dit : Toi aussi, tu étais avec Jésus de Nazareth. Il le nia, disant : Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu veux dire. Puis il sortit pour aller dans le vestibule. Et le coq chanta. La servante, l'ayant vu, se mit de nouveau à dire à ceux qui étaient présents : Celui-ci est de ces gens-là. Et il le nia de nouveau. Peu après, ceux qui étaient présents dirent encore à Pierre : Certainement tu es de ces gens-là, car tu es Galiléen. Alors il commença à faire des imprécations et à jurer : Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. Aussitôt, pour la seconde fois, le coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite : Avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois. Et en y réfléchissant, il pleurait" (Marc 14:66-72).

 

S’il était acceptable de mentir pour sauver une vie, alors l’Écriture n’aurait pas condamné Pierre pour son triple déni du Christ. Le Christ notre "Seigneur, s'étant retourné, regarda Pierre" avec désapprobation (Luc 22:61). Or, selon cette position erronée du mensonge acceptable, Il aurait plutôt dû manifester son approbation. La prédiction du Christ au sujet de cet évènement montre aussi que Jésus n’approuva pas ces trois mensonges, ce pourquoi Il demanda ensuite après Sa résurrection par trois à Pierre s’il l’aimait. Pierre en fut attristé.

 

À l’encontre de ces enseignements bibliques, nombres sont ceux qui pensent que si un pasteur est arrêté par la police dans un pays où la persécution chrétienne est intense, il devrait mentir sur son appartenance à Christ pour sauver sa vie et planter des églises.

 

Cette approche pragmatique et mondaine oublie que si un tel homme pouvait renier le Seigneur afin de servir les plans de Dieu, Pierre aurait était le modèle parfait, mais il fut désapprouvé par l’Écriture pour sa lâcheté.

 

Contrairement à la chute de Pierre, le disciple Etienne ne menti pas pour sauver sa vie (Actes 7) et le Seigneur Jésus ne menti pas non plus pour sauver la vie de Ses disciples lorsque les Romains vinrent l’arrêter : "Jésus répondit: Je vous ai dit que c'est moi; si donc vous me cherchez, laissez aller ceux-ci" (Jean 18:8), et Dieu accompli ainsi Sa volonté sans utiliser un mensonge de la part de Son Fils.

 

Notez que cela ne veut pas dire que nous soyons obligés de dire tout ce que nous savons. Par exemple, si un militaire nous demandait de révéler la cachette de personnes qu’il souhaite tuer, nous aurions le droit de garder le silence tel que "Jésus [qui] garda le silence, et ne répondit rien" devant le souverain sacrificateur (Marc 14:61).

 

 

ARGUMENT 7: Le mensonge en cas exceptionnel est arbitraire et peut être utilisé pour justifier n'importe quoi s'il est appliqué logiquement

 

Si nous pouvions mentir pour sauver la vie de quelqu'un, pourquoi ne pas aussi nier être chrétien pour protéger notre famille ? Logiquement, il n’y aucune raison de ne pas mentir de cette manière, mais cela est aussi condamné dans l’Écriture : "quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux" (Matthieu 10:33).

 

Si l’on peut ignorer le caractère de Dieu (son attribut de vérité), son exemple (il ne ment jamais), pourquoi ne pas aussi renier notre appartenance à Son royaume ? Logiquement, le mensonge exceptionnel est arbitraire et peut donc être utilisé pour justifier tout type de mensonge. Nous devons alors l'arbitre de ce qui est un péché acceptable ou non (une grande erreur puisque Dieu seul est le Juge et nous donne les lois morales).

 

Même si les chrétiens défendant cette position veulent soutenir qu’ils condamnent le mensonge dans des circonstances non-exceptionnelles, l’Écriture suggère fortement qu’une fois la porte du mensonge ouverte, il est fort probable que le mensonge sera justifié dans beaucoup d'autres cas, bien moins rares :

 

"Celui qui est fidèle en très peu de chose, est fidèle aussi dans les grandes choses; et celui qui est injuste en très peu de chose, est injuste aussi dans les grandes choses" (Luc 16:10, version Martin)

 

 

ARGUMENT 8: Le mensonge en cas exceptionnel est une concession de principe à l'éthique situationnelle

 

L'éthique situationnelle est une fausse vue de l’éthique selon laquelle les actions ne sont pas intrinsèquement bonnes ou mauvaises. La nature morale d'un acte est alors dite dépendre de la situation et de ses circonstances.

 

Par exemple, l'éthique situationnelle appliquée à l'avortement conduit à un avortement moralement acceptable lorsque la situation est censée le justifier tel qu’un bébé génétiquement malade, des circonstances économiques défavorables d'une mère célibataire, ou une grossesse à la suite d'un viol.

 

[L’avortement est-il un meurtre?]

 

[Y a-t-il des exceptions pour avorter ?]

 

La Bible rejette au contraire les prémisses de l’éthique situationnelle car il existe des normes absolues du bien et du mal, lesquelles sont immuablement basées sur les attributs de Dieu. Or, si nous disons que mentir est correct dans des circonstances exceptionnelles,  en quoi est-ce différent du principe non-biblique de l'éthique situationnelle ?

 

 

ARGUMENT 9: Le mensonge en cas exceptionnel est centré sur l'homme plutôt que centré sur Dieu

 

John MacArthur l'exprime ainsi : "Dieu n'a pas besoin de ton péché pour accomplir Sa volonté". En fin de compte, le mensonge en cas exceptionnel se base sur la spéculation que Dieu n'est pas assez au contrôle de notre vie et que nous devons lui désobéir pour nous protéger. Au contraire, Dieu a destiné le nombre de nos jours (Psaume 139:16; Job 14:5; Ésaïe 46:10-11).

 

Dans les scénarios où le mensonge en cas exceptionnel est invoqué pour échapper à "l'inéluctable", ne supposons-nous pas qu'il n'y a que deux possibilités alors que Dieu peut créer l’inimaginable ? Dieu sait qu’il y a d’autres possibilités que de mentir pour sortir de n'importe quelle impasse, "car rien n'est impossible à Dieu" (Luc 1:37).

 

Si on concédait toutefois qu’il n’y ait vraiment que deux possibilités, mentir ou mourir, ne sommes-nous pas supposés essayer de ne pas pécher pendant notre vie en sachant qu'un jour nous mourrons de toute façon (si le Seigneur tarde)? Réfléchissons-y selon une vision biblique du monde, qu'est-ce qui est le mieux: pécher contre Dieu ou aller avec Dieu?

 

Soyons semblables à ceux décrits en Sophonie chapitre trois, des croyants fidèles qui échappent au jugement divin et verrons la restauration d'Israël et dont il est écrit:

 

"Car alors, je changerai la langue des peuples en une langue purifiée, pour qu'ils invoquent tous le nom de l'Éternel pour le servir d'un seul cœur […] Le résidu d'Israël ne pratiquera pas l'iniquité, et ne dira pas de mensonge, et une langue trompeuse ne se trouvera pas dans leur bouche; car ils paitront et se coucheront, et il n'y aura personne qui les effraye" (Sophonie 3:9,13, version Darby)

 

Le mensonge en cas exceptionnel est donc indéfendable car il n’est autre que l’action d’une personne ayant une vision anthropocentrique et qui craint les hommes plutôt qu'une personne théocentrique avec une sainte crainte de Dieu.

 

 

ARGUMENT 10: Le mensonge désobéit à Romains 12:21

 

"Ne sois pas vaincu par le mal, mais surmonte le mal par le bien" (Romains 12:21). L'éthique biblique nie la validité du proverbe païen "la fin justifie les moyens". Ne soyons pas non plus coupables d’appeler le mal bien et le bien mal (Malachie 2:17).

 

Mentir est un péché, et selon Romains 12:21 nous devons résister au péché (mentir) par le bien (garder le silence ou bien dire la vérité). Qui plus est, la Bible approuve et exemplifie le sacrifice pour sauver la vie d'autrui, et non pas le mensonge.

 

 

III. QUELS PRINCIPES D’INTERPRETATION DEVONS-NOUS UTILISER POUR JUGER CES ARGUMENTS ?

 

(1) L'explicite interprète l'implicite

 

La supposée approbation implicite du mensonge en Exode 1 et Josué 2 (qui est implicite puisque le mensonge n'y est même pas mentionné) doit au contraire être interprétée par les commandements explicites interdisant le mensonge. L’explicite (le mensonge est interdit) interprète donc l’implicite (les mensonges dans les recits narratifs bibliques ne sont jamais à imiter).

 

(2) Le didactique interprète l’application du narratif

 

Les parties didactiques de l'Écriture (par exemple les épîtres) interprètent les applications que nous tirons des récits narratifs (par exemple, le livre des Actes). Nous ne pouvons pas être sûrs que quelque chose rapporté dans un récit narratif doit être imité (même s'il a été approuvé dans son contexte historique) à moins que des portions didactiques de l'Écriture ne le commandent.

 

Le prophète Élie executa 450 faux prophètes de Baal, et Dieu l'approuva. Devons-nous l'imiter? Non. Pourquoi? Parce que ce récit n'est pas un commandement pour la vie chrétienne, il s'agit d'un fait historique dans une situation politique différente, une théocratie où les hommes de Dieu avaient pouvoir de vie ou de mort selon les lois divines et civiles d'alors. 

 

De même, vendre sa maison et donner l’argent aux pieds des apôtres pour les pauvres de l’église est une partie du narratif en Actes 4-5, c’est un acte approuvé par Dieu, mais il ne s’agit pas d’un commandement pour le chrétien. Pourquoi ? Car les épitres, qui sont des lettres de Dieu aux églises locales pour la vie chrétienne, ne le commandent jamais.

 

(3) La suffisance de l'Écriture

 

Si Dieu voulait vraiment que nous mentions dans de rares cas, Il nous l'aurait dit parce que la Bible est suffisante pour « que l'homme de Dieu soit accompli, et parfaitement instruit pour toute bonne œuvre » (2 Timothée 3:17, cf 2 Pierre 1:3); la "Parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier" (Psaume 119:105) et elle n'illumine jamais le mensonge pour que nous y marchions.

 

Dieu a par exemple donné des ordonnances explicites pour autoriser le divorce dans de rares cas (Matthieu 5:31-32, 19:9), mais Il n'a jamais donné d’ordonnances pour autoriser le mensonge. S'appuyer uniquement sur l'Écriture n'est donc pas compatible avec l'approbation de mentir dans des circonstances exceptionnelles.

 

(4) Ne pas aller au-delà de ce qui est écrit

 

"C'est à cause de vous, frères, que j'ai fait de ces choses une application à ma personne et à celle d'Apollos, afin que vous appreniez en nos personnes à ne pas aller au-delà de ce qui est écrit" (1 Corinthiens 4:6a-b). Ne soyons donc pas comme les disciples du Seigneur qui oublièrent ce principe dans le passage suivant :

 

"Là-dessus, le bruit courut parmi les frères que ce disciple ne mourrait point. Cependant Jésus n'avait pas dit à Pierre qu'il ne mourrait point ; mais : Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ?" (Jean 21:23).

 

N’allons pas au-delà de ce qui est dit, cela n’est ni sauf ni sage. Bien plus, au-delà de ce qui est écrit est interdit. Nous ne devrions jamais croire ce qui n'est pas écrit. Nous ne devrions pas non plus fonder une doctrine ou une pratique chrétienne sur le silence d’un passage ou sur quelque chose que nous supposons être implicite au-delà de ce qui est écrit.

 

Par exemple, certains chrétiens réformés disent que le baptême des enfants est acceptable car il n'est pas interdit dans l'Écriture (un argument basé sur le silence) et ils essayent alors de trouver des exemples dans la Bible alors qu'en toute objectivité le baptême des enfants est simplement introuvable dans la Bible.

 

Ainsi, le baptême des enfants va au-delà de ce qui est écrit, et il est également un déni pratique de la suffisance de l'Écriture pour une ecclésiologie honorant Dieu.

 

 

IV. CONCLUSION

 

Tout mensonge est à rejeter et n’est jamais acceptable devant Dieu. Si vous demeurer dans le texte malgré ces textes, notez qu'en ne mentant jamais vous serez sûrs de ne pas pécher et déplaire à Dieu.

 

Pour aller plus loin dans l'application pratique de cet article, tout travail nécessitant de mentir, tel qu’un travail d’espion ou de policier sous une fausse identité, est détestable aux yeux de Dieu. Notre travail doit être fidèle à la Parole et à la morale de Dieu. La Bible ne doit pas réinterprétée pour accommoder les pratiques mondaines de ceux qui ne sont pas soumis à Dieu.

 

Désirons donc obéir à la Parole qui déclare : "Mais tu veux que la vérité soit au fond du cœur : Fais donc pénétrer la sagesse au dedans de moi !" (Psaume 51:6); "Je hais, je déteste le mensonge ; J'aime ta loi" (Psaume 119: 163).

 

Garde-nous de tout mensonge et de toute tromperie Ô Seigneur, pour la gloire de Ton Saint Nom. Donne-nous courage, foi et pleine confiance en Toi afin que nous puissions tout supporter sans craindre les hommes mais Toi seul, Dieu de vérité, à qui soit toute la gloire et l'honneur à chaque instant de nos vies. Aide-nous à T'aimer de tout notre être comme Tu nous l'a montré car l'amour parfait "ne se réjouit point de l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité" (1 Corinthiens 13:6). Amen. 

 

 

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