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Le culte chrétien au IIème siècle selon Justin Martyr, comparé au culte Biblique

28.05.2017

 

Tout comme aujourd’hui aux quatre coins du monde, les chrétiens étaient déjà persécutés aux premiers siècles sous l’Empire Romain. De fausses accusations étaient proférées contre eux par les Romains. On les disait athées car ils rejetaient les nombreux faux dieux du polythéisme gréco-romain.

 

Ils étaient également accusés de comportement sexuels immoraux. Les repas chrétiens, aussi appelés agapes (du mot grec agape signifiant amour sacrificiel), étaient organisés après le culte du dimanche et portaient le nom de « fêtes de l'amour ».

 

Et, non sans une hypocrisie certaine, les Romains, dont les orgies de nourritures accompagnées de débauches sexuelles étaient bien connues, accusaient faussement les chrétiens de pratiquer des déviances sexuelles durant leurs repas des fêtes de l'amour.

 

La calomnie ne s’arrêtait pas là puisqu’ils étaient aussi traités de cannibales. Cette pensée résultait d'une ignorance de la nature de la Sainte Cène. Les chrétiens ne mangeaient et ne buvaient pas vraiment du sang et de la chair humaine...

 

Enfin, bien que citoyens modèles soumis aux ordonnances de Romains 13, les chrétiens étaient qualifiés de révolutionnaires et de partisans d’une insurrection contre Rome. Les Romains devaient en effet confesser « Kaiser Kurios » (c'est-à-dire « César est Seigneur »), car l'Empereur devait être adoré comme Dieu lui-même ; mais, les chrétiens refusaient et proclamaient : « Christos Kurios » (« Jésus est Seigneur »).

 

Toutes ces accusations issues de malentendus et de diffamations conduisirent à une persécution massive des chrétiens au travers de l'Empire pendant les trois premiers siècles de notre ère.

 

En conséquence, afin de défendre la nature et l'irréprochabilité de la foi et des pratiques chrétiennes, des apologistes chrétiens se levèrent. Ces derniers défendaient et expliquaient la foi chrétienne aux non-chrétiens en suivant l'esprit de 1 Pierre 3:15, un verset écrit dans un contexte de persécution:

 

« 14 D'ailleurs, quand vous souffririez pour la justice, vous seriez heureux. N'ayez d'eux aucune crainte, et ne soyez pas troublés ; 15 Mais sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur, étant toujours prêts à vous défendre (ou « donner une réponse », Grec: apologia), avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l'espérance qui est en vous, 16 et ayant une bonne conscience, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ceux qui décrient votre bonne conduite en Christ soient couverts de confusion. 17 Car il vaut mieux souffrir, si telle est la volonté de Dieu, en faisant le bien qu'en faisant le mal » (1 Pierre 3:14-17).

 

 

Le culte chrétien au IIème siècle

 

Parmi les apologistes du IIème siècle était un chrétien nommé Justin Martyr (100-165 après J.-C.) qui est aujourd’hui resté célèbre dans l’histoire de l’Église. Justin Martyr écrivit des apologies du christianisme pour défendre et expliquer la foi chrétienne auprès des autorités romaines.

 

Dans une de ses apologies, il expliqua comment se déroulait (vraiment) le culte du Seigneur à cette époque. En voici un extrait fascinant (des explications et des commentaires sont ajoutés entre crochets):

 

« Au jour appelé le dimanche, il y a un rassemblement dans un même lieu de toutes les personnes qui vivent dans une ville donnée ou dans un district rural [il y avait alors une église par ville, cf. Apocalypse 2-3]. Les mémoires des apôtres [ce qui deviendrait le Nouveau Testament] ou les écrits des prophètes [l’Ancien Testament] sont lus, autant que le temps le permette [cela suggère que la lecture était plutôt longue]. Puis, lorsque le lecteur cesse, le président [c’est à dire le pasteur, un romain n’aurait pas compris le mot bishop ou pasteur] encourage et exhorte l'imitation de ces bonnes choses par un discours [c’est la prédication]. Ensuite, nous nous levons tous ensemble pour faire monter nos prières [les chrétiens d’alors priaient debout]. Lorsque nous cessons de prier, du pain est présenté avec du vin et de l'eau [c’est la Sainte Cène]. Le président de la même manière fait monter des prières et des actions de grâces, selon sa capacité, et les personnes chantent leur assentiment, en disant "Amen" [c’est probablement la louange]. Une distribution des éléments pour lesquels l'action de grâce a été rendue est faite pour chaque personne, et pour ceux qui ne sont pas présents, ils sont envoyés par les diacres. Ceux qui le peuvent et le veulent, chacun selon son choix, donne ce qu'il désire, et ce qui est collecté est déposé auprès du président [c’est l’offrande financière]. Il pourvoi pour les orphelins et les veuves, pour ceux qui sont dans le besoin en raison d'une maladie, et, en un mot, il devient le protecteur de tous ceux qui sont dans le besoin. Mais, dimanche est le jour durant lequel nous tenons notre assemblée commune, car c'est le premier jour où Dieu, ayant travaillé à changer les ténèbres et la matière, fit le monde, et Jésus Christ notre Sauveur durant le même jour ressuscita d'entre les morts. En effet, Il fut crucifié durant le jour précèdent, le jour de saturne [le samedi], et le jour suivant celui de saturne, qui est le jour du soleil [le dimanche], ayant apparu à Ses apôtres et à Ses disciples, Il leur enseigna ces choses [ils pratiquaient ce culte selon les commandements du Christ et non par tradition ou par préférences personnelles], lesquelles nous soumettons aussi à votre considération ».[1]

 

 

Le culte selon la Bible

 

Les six composants du culte chrétien, le dimanche dans une église du deuxième siècle, étaient donc identiques à ceux de la Parole de Dieu comme les assemblées locales bibliques les pratiquent encore aujourd’hui.

 

Nous trouvons les composant du culte dans les lettres de l'apôtre Paul, notamment celles à Timothée qui ont pour but d'enseigner « comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l'Église du Dieu vivant, la colonne et l'appui de la vérité » (1 Timothée 3:15).

 

(1) La lecture de l'Écriture. Paul, inspiré par le Saint-Esprit écrivit: « Jusqu'à ce que je vienne, applique-toi à la lecture, à l'exhortation, à l'enseignement » (1 Timothée 4:13). Les chrétiens n'attendaient pas que quelqu'un paraphrase simplement la Bible, et ils n'écoutaient pas non plus la sagesse humaine, au contraire, la Parole de Dieu devait être lue pour que Christ soit respecté en tant que Chef de Son Église.

 

Dans ce moment solennel de lecture de la Parole de Dieu, l'Ancien Testament rapporte par ailleurs qu’en l'honneur de l'Auteur des Saintes Écritures, les Israélites se levèrent lorsque Esdras ouvrit le livre de la loi pour la lire devant eux (Néhémie 8:5). Ceci est un noble exemple à suivre, bien que ce ne soit pas un commandement.

 

(2) La prédication basée sur l’Écriture. « Je t’en adjure devant Dieu et le christ Jésus, qui va juger vivants et morts, et par son apparition et par son règne : prêche la parole, insiste en temps et hors de temps, convaincs, reprends, exhorte, avec toute longanimité et doctrine » (2 Timothée 4:2, version Darby).

 

Combiner la lecture de l'Écriture et son application au cœur des chrétiens par l'enseignement n’était pas chose nouvelle. Dans l'Ancien Testament nous lisons que parmi d’autres personnes, les Lévites « lisaient distinctement dans le livre de la loi de Dieu, et ils en donnaient le sens pour faire comprendre ce qu'ils avaient lu » (Néhémie 8:8).

 

Les ingrédients du culte inclut donc la lecture, puis l'enseignement et la prédication de la Parole de Dieu. Si une prédication n’inclut pas la conviction du péché, la réprimande et l'exhortation par la puissance de l’Esprit, ce n'est tout simplement pas une prédication, et il y a là une désobéissance flagrante à l’ordonnance divine en 2 Timothée 4:2, ce qui est aussi lourd de conséquence pour la santé spirituelle d’une assemblée.

 

(3) La prière. Nous sommes appelés à prier sans cesse (1 Thessaloniciens 5:17), il n’est donc pas surprenant que nous devrions aussi prier durant le culte. On peut lire dans la première épitre à Timothée: « Par conséquent, je veux que les hommes, dans tous les lieux, prient, en levant les mains saintes, sans colère et dissension » (1 Timothée 2:8).

 

(4) La louange dans l’assemblée. « Que la parole de Christ habite en vous richement, vous enseignant et vous exhortant dans toute la sagesse, en chantant des psaumes, des hymnes et des chants spirituels, avec reconnaissance dans vos cœurs à Dieu » (Colossiens 3:16, voir aussi 2 Chroniques 29:25 ; Matthieu 26:30 ; Actes 16:25 ; Ephésiens 5:18-19 ; Apocalypse 4:7-11, 5:11-14).

 

(5) La Sainte Cène. « Car j'ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné ; c'est que le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain, et, après avoir rendu grâces, le rompit, et dit : Ceci est mon corps, qui est rompu pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. De même, après avoir soupé, il prit la coupe, et dit :

 

Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez. Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne » (1 Corinthiens 11:23-26, voir Actes 2:42). Le contexte verset indique aussi qu'un examen personnel doit précéder notre participation au pain et au vin.

 

(6) L’offrande financière. Des offrandes hebdomadaires étaient recueillies chaque dimanche par les chrétiens: « Pour ce qui concerne la collecte en faveur des saints, agissez, vous aussi, comme je l'ai ordonné aux Églises de la Galatie. Que chacun de vous, le premier jour de la semaine, mette à part chez lui ce qu'il pourra, selon sa prospérité, afin qu'on n'attende pas mon arrivée pour recueillir les dons » (1 Corinthiens 16:1-2, voir aussi 2 Corinthiens 8:1-15).

 

 

Conclusion

 

Le Seigneur Jésus Christ a déclaré : « je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle » (Matthieu 16:18b), et Il tient Sa promesse ! Christ bâtit Son Église et les mensonges du Diable ou les persécutions dans ce monde ne peuvent rien contre la vie miraculeuse de Son Épouse.

 

Depuis deux mille ans, les chrétiens du monde entier, et peut-être aussi votre assemblée, célèbrent le culte du Seigneur selon les commandements du Christ. C’est Son Église, et nous devons Lui rendre un culte selon Son désir inscrit à jamais dans Sa Parole.

 

« Oh ! Qu'il est agréable, qu'il est doux Pour des frères de demeurer ensemble ! C'est comme l'huile précieuse qui, répandue sur la tête, Descend sur la barbe, sur la barbe d'Aaron, Qui descend sur le bord de ses vêtements. C'est comme la rosée de l'Hermon, Qui descend sur les montagnes de Sion ; Car c'est là que l'Éternel envoie la bénédiction, La vie, pour l'éternité » (Psaume 133:1-3).

 

Telle est ma prière: "Ô Seigneur bénit ton Église pour qu'elle te rende le culte que tu commandes, et revient nous chercher selon ta promesse" : « Et, lorsque je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi » (Jean 14:3).

 

Amen.

 

 

CONNAITREpourVIVRE.com

 

Référence

[1] Disponible sur la chaine YouTube (« Lecture 7: Historical Theology I - Dr. Nathan Busenitz ») de l’institut biblique The Master's Seminary (écouter à partir de 42 min): https://www.youtube.com/watch?v=okXBcUPmyFc&index=7&list=PL4sbg6ng23C5ERVzh0-3aKvRw6jt6lRp9

 

 

 

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